A travers mon châle

A travers les trous de mon châle vert
Je vois la lumière blanche au dessus des arbres,
Les ficus, les grands palmiers,
On dirait des dromadaires,
Grands échassiers,
Ondulant sous la brise,
Je jouis sous ce tronc qui me fait du pied,
Et comme c’est bon de se sentir prise
Par cet arbre massif qui trône au bout de mon lit,
Je sens sa musculature, ses veines et ses striures,
Pénétrer lentement battant la cadence,
Au rythme de cette puissance qui monte vers le ciel,
Je suis arbre moi aussi,
Et je grimpe avec lui escaladant,
De branches en branches,
La forêt qui s’épanouit,
L’infinie Amazonie.