Coton du ciel

Le ciel avait ce matin,
Des filaments de coton posés au coin des yeux,
Et l’on pouvait encore,
Humer le parfum,
De ses amours nocturnes,
Les baisers de la lune,
Et malgré ce prompt démaquillage,
Pas un nuage,
Quelques oiseaux battant des ailes,
Un colibri,
Deux trois moineaux,
Pas un signe, pas un mot,
De ses amours nocturnes,
Des baisers de la lune,
Et pourtant cette nuit fut chaude,
Le ciel avait rendez-vous avec la mer,
De l’autre côté de la terre,
Seul l’horizon,
Témoin de leur union,
Baptisa leur fils Anatole,
Dieu des coraux, des méduses et des soles,
Le ciel qui ne dit mot,
Protège sa famille,
Ses îles et ses atolls,
Comme la baleine son baleineau.