La sirène

La sirène se languit
Elle attend toute sa vie durant
Le retour de son marin de mari
Son pompier
Allumeur de réverbère
Et funeste cerbère de ses nuits
Elle est plantée là
Comme un parapluie
Personne ne l’ouvre
Vient la chercher
Il suffirait
L’envie de vivre
Quelques gouttes de rosées
Si elle pouvait enfin servir
À quelque chose
Point de cargos barques ni jonques
Pauvre jonquille
Et si elle n’ose
Prendre ses jambes à son cou
C’est que ses pieds
Deux poissons roses
Ne savent pas marcher
Et ses baleines
Branches de houx sont des harpons
Qui la transpercent
De mille éclairs
Foudre et tonnerre
Alors elle reste
Moule sur son rocher
Belle potiche
Elle peste
Sur ce pompier parti au feu
Sans même attendre qu’il passe au vert
En route vers Le Pirée, Athènes ou bien Le Caire