Mon tambour, toujours

Il est vrai que je ne suis pas douce,
Toujours,
Mais la nuit quand il résonne,
Mon tambour,
Je me transforme,
Toujours,
Je deviens ronde, je m’adoucis,
J’ondule, je tends mon corps,
Vers mon tambour,
Je bats des cils,
Viens-là mon cerf, mon roi des bois,
Mélangeons nos langues,
Prenons ensemble l’indescriptible voix,
Le sentier doré qui mène des plaines jusqu’à la lune,
L’onde lactée du ciel,
Mon tambour,
C’est une merveille,
Toujours,
De faire chanter ta peau,
De caresser tes ailes,
D’ouvrir tes portes,
De m’envoler,
La nuit, le jour,
Toujours,
Tu me transportes,
Tu parles la langue de mon corps,
Mon portier de nuit,
Du monde mon guide,
Mon voyageur,
Toujours,
C’est dans tes bras que je découvre,
Ma multitude, mon infini,
Alors je me dis que si j’étais,
Toujours,
Tambour,
La peau tendue,
Corde à piano,
Je ne verrai plus,
Jamais,
La Seine qui coule sous le pont Mirabeau,
Mon beau métro,
La rue des Haies,
Ma belleville, ma Tsingtsao,
Toujours, jamais,
Un peu tambour, un peu piano,
Un peu içi, un peu là-haut,
Plus rêche que douce sans doute,
Parfois Beyrouth,
Parfois Rio,
Mon tambour,
Toujours,
Tu es mon rythme,
Je t’ai dans la peau.